23 octubre 2006

Préméditation de meurtre entre Kokoteurs

Mercredi soir Lucile (l’une de mes chers coloc) vient me voir avec son air le plus mièvre « ehhh oui demain on fait une fête à l’appart, tu n’avais rien de prêvu ? » (je préfère passer sous silence tout ce qui a défilé dans ma tête, en quelques mots : espèce de grosse conne t’aurai pas pu le dire plus tôt, tu vas voir je vais te faire ta fête un de ces jours et arrête de me regarder avec ton sourir à la con je te jure que je vais te les faire bouffer tes tresses à la con) désolé mais ça soulage. Réponse diplomatique « la prochaine fois j’aimerai être prévenu plus tôt et je ne sais pas ce que j’ai prévu pour demain ». Toute la journée j’ai essayé de réfléchir à ce que je pourrai faire pour me vanger (je compte sur vos idées qui je suis sûr seront nombreuses, j’ai déjà : chanté l’Internationale sous la douche à 7 heures du matin et mis du poivre dans à peu prés tous les aliments qu’elle ingurgite depuis une semaine). N’étant pas d’humeur à participer à cette petite fête je suis allé au cinéma… me voilà avec quelques erasmus, choix du film « non mais world trade center ça me dit pas trop » « oh regardez un film germano-chilien intitulé « en la cama » (dans le lit) » j’aurai mieux fait de me taire. Les lumières s’éteignent : pendant une dizaine de minutes nous assistons à un magnifique coït filmé en gros plan, je n’ai pas la prétention de mettre en cause les qualités artistiques de la chose ni même la profondeur philosophico-morale de la scène mais enfin tout de même, l’Allemande qui était à mes côtés n’arrêtait pas de soupirer. Je vous passe le reste du film comme dirait l’autre « pas de décors pas de costumes, c’était une putain d’idée, on s’est dit pourquoi pas aucun public finalement ». Nous sortîmes quelque peu perplexes… faisant (un peu) preuve de mauvaise foi j’essayais de défendre la profondeur des personnages (mais en espagnol c’était pas évident)… j’ai pas été très crédible je crois… mais bon. Après quelques verres me voici de retour « chez moi » à 3 heures du mat… les invités étaient partis… ouf, j’avais éguisé mes couteaux. J’attends vos idées de vengeances…


PS dans la série mes colocs ont des goûts musicaux de merde (cf blogs de Privat et d’Emilie) je pense apporter ma pierre à l’édifice : Guillaume le copain de Lucile (imaginez le couple) écoute TTC à longueur de journée et nous a gratifié ce soir d’une formidable chanson de Bigard « le poil de cul sur la savonette » qui dit mieux ?

Martine Rénouprez

Au début je m’étais dit « ouai bon la littérature belge ya peut être plus intéressant …» et puis il me manquait quelques (fameux) ECTS (c’est dingue comme ces 4 lettres ont pu me faire chier). Me voici donc parti jeudi dernier plein de bonnes intentions. Nous étions trois en cours, deux Erasmus belges et moi, quelqu’un entre dans la salle avec une valise. Une teinture violette toute fraîche, une longue robe et des ballerines de la même couleur. Après nous avoir demandé comment nous trouvions sa couleur (« trrrès trrrès bien (une fois) c’est qui ton coiffeur ? –petite précision ici on tutoie les profs, j’ai beaucoup de mal à m’y faire- autre précision Martine est belge, made in Liège comme mes deux acolytes erasmus ce qui explique un accent délicieux) Martine commence alors un éloge du pays de la frite (une fois), c’était fabuleux et très drôle. « Ben voui tu comprends on n’a pas de culture belge (une fois) alors bon tous nos écrivains partent à Paris, c’est quand même frustrant (une f…) » Pendant trois heures j’ai assisté bouche bée à ce cours. On a commencé à lire des textes dadas belges je vous passe les détails mais j’ai décidé de garder ce cours et promis juré je vous tiens au courrant quand Martine se teint en vert.

Retour à Cadix, lundi 5:55

Et voilà l’heure du retour, au revoir ou adieu, l’A6 n’aura jamais été aussi triste que cette nuit d’octobre embuée. Adieu ou à bientôt, le bus affligeant… et les kilomètres qui défilent, plus que 642, les premiers sont les plus durs.
Après huit heures de bus, trois heures de « sommeil » et une pause d’un quart d’heure me voilà de retour à Cadix. L’avenue est totalement déserte, pas un bus, pas un taxi, me voilà donc parti à pieds avec mes valises pour une promenade nocturne de trois quarts d’heure à travers ce qu’on appelle ici « la nouvelle ville », le long de The avenue de Cadix. Arrivée chez moi me voilà parti pour une nuit de 3 heures, je reprenais à 11 heures. Autant dire que le trépidant cours de littérature du siècle d’or (avec mon prof a l’encéphalogramme plat) m’a replongé dans mes souvenirs de mes pérégrinations madrilènes. Drapeau rouge sur Cadix, le vent s’est levé et j’ai du mettre un pull (oui oui je vous assure), il a même fait trois goûtes de pluie (2ième jour en 1 mois et demi de présence ici), mer déchaînée et gros nuages. Une bonne soirée pour commencer la Chartreuse de Parme (qu’il faut que j’avale en quelques jours : 642 pages… coïncidence)… de quoi me rappeler ce bon vieux Laudet… les anciens Khâgneux savent de qui je parle, pour les autres, il s’agit du prof de lettres du lycée du Parc… je m’arrête là pour ne pas être grossier.

Une soirée à Chueca

Chueca, quartier gay de Madrid, quelques rues tout au plus, moins « prout prout bobo » que le Marais (même si ceux qui ont eu la malchance de venir avec moi à Paris savent à quel point j’aime ce quartier) ; très fashion par contre. Petits bars, boutiques… mais pas vraiment de ghettoïsation exécrable. Nous voilà partis, David est en terrain connu : « regarde t’aimes pas ces chaussures ? –mais enfin David elles sont vertes fluo – moi j’adore ». Japonais discret au fond d’une rue, on ira là. Sushi, thé vert. La soirée se poursuit au Lupe bar sympa, velours rouge tendu aux murs, Madona, Abba,Vodka orange.Une heure vient de sonner et la Cendrillon locale prénommée Piña s’avance sur scène. Projecteur, micro branché, attention ça va swinguer. Je ne sais pas trop par où commencer. Imaginez une silhouette digne de big Mama au déhanché prometteur, deux mètres sur un, voici Piña. Un visage poupon couronné d’une coupe à la Jakson 5, une petite robe moulante, Piña est là. Des colliers, des bracelets… Piña s’avance à la lumière, elle aurait pu être basketteur ou bien rugbyman mais elle a choisi d’être chanteuse. Elle commence son show par ces divines paroles « Oh… que de têtes méconnues, ça fait pourtant longtemps que je travaille dans le quartier… il y a bien quelques anciens clients… c’est 50 euros… » Attention la musique commence, une jolie voix profonde, Piña expose toutes ses qualités. Sa si petite robe couvre à peine ses solides jambes, la scène va-t-elle résister aux pas de danse de la belle de Madrid ? Elle semble tout droit sortie d’un film d’Almodovar, c’est fantastique.

02 octubre 2006

Etre erasmus ou ne pas l'être

J’ai mis un pied dans la vie d’Erasmus, j’ai même mis les deux pieds dedans. Etre erasmus c’est simple : tenir assez bien l’alcool, ne pas avoir trop besoin de dormir et pouvoir parler l’anglais, l’espagnol, l’italien, le français et l’allemand. Me voilà donc parti pour vous conter mes exploits d’étudiant.

Acte 1
-Scène première-
Jeudi soir, des français rencontrés quelques temps auparavant faisaient une fête chez eux pour fêter leur installation (160m², trois salles de bain et vue sur mer). Bouteilles d’alcool obligatoires. Après un certain nombre de verres pour goûter les alcools locaux (Malibu, Vodka, Whisky et autres merveilleuses inventions), nous étions tous fort joyeux.
-Scène seconde-
Nous n’étions qu’entre Français (une 10aine) et 2 Espagnols sont venus se joindre à nous. Juste à ce moment nous étions en train de partager nos connaissances plus ou moins étendues en matière de chansons paillardes. Julien entonnait avec force lucidité « la bite à Dudu » et c’est ainsi que je me suis proposé de faire en direct live la traduction espagnole de cette extraordinaire chanson « es la polla de Dudu la tomo, la chupo etc… ».
-Scène troisième-
je suis rentré chez moi avec Pascale nous étions aussi sobre l’un que l’autre, après nous être trompés d’immeuble nous avons réveillé tous nos voisins en gueulant « borrachos borrachos somos borrachos »

Rideau

Acte 2
-Scène première-
Vendredi le bruit courrait qu’une soirée erasmus avait lieu sur la plage. Me voilà donc parti à 1 heure du matin (les soirées ne commencent qu’à minuit) en direction de la plage. Plus d’une centaine d’étudiants de toutes origines étaient là, en train de discuter. Le premier contact que j’ai eu (ou enfin plutôt que Belinda a eu… je n’avais pas assez de poitrine pour lui) fut Luckas, un allemand dont le vocabulaire espagnol se limitait à une quinzaine de mots. Les méfaits de l’alcool n’arrangeaient rien à la chose. Bref je n’ai pas compris grand chose à ce qu’il racontait.
-Scène seconde-
Deuxième rencontre Marie-Cécile (je l’appelle comme ça parce que je ne me souviens pas de son prénom et que ça lui va bien). Cette jeune personne, petits mocassins rouges, jupe plissée et chemisier bien boutonné est venue me parler de son sujet de mémoire (un truc passionnant comme vous vous en doutez). Après m’avoir expliqué qu’elle sortait de la faculté catholique de Toulouse je lui ai offert mon verre de whisky coca et lui ai dit « hasta pronto »
-Scène troisième-
Les Français sont nombreux ici mais les Italiens ne sont pas en reste. J’ai donc discuté avec Helena, elle vient de Turin, complètement saoule elle aussi. Chaque phrase qu’elle proférait était composée de la manière suivante : sujet en espagnol, verbe en Italien et complément en anglais. Après quelques min d’adaptation elle m’a raconté ses exploits sexuels avec un sombre footballeur italien. Puis elle est allée pisser dans la mer. Très intéressante les Italiennes…

Rideau
Acte 3
« Botellon » à Cadix, pour ceux qui ne sont pas au courrant, c’est une beuverie générale où tous les d’jeuns in se rassemblent pour boire. Moi j’avais décidé de ne pas boire, donc j’ai été le spectateur intrigué de ces coutumes étranges.

Acte 4
-scène première-
Hier soir, l’envie nous a prise avec deux copines françaises de passer la nuit sur la plage. Nous voici donc partis à 20 heures avec nos pulls, notre bouffe, nos chaises et notre red bull (couilles de taureau en conserve) pour tenir le coup.
-scène seconde-
discutions diverses « ah oui t’es homo ? » « moi je serai un homme les femmes je les ferai hurler de plaisir » « les mouettes ça dort où ? » « j’ai une copine qui a un long doigt de pied ».
-scène troisième-
A 4h30 du matin j’avais un peu froid au pied… je rêvais que je me faisais des bains de pieds… vous l’aurez compris la mer était montée. A l’unanimité nous levons le camp et allons dormir dans nos appartements respectifs. Accompagnés par les hurlements des clochards qui dorment sur la plage.

rideau
Voici résumés en 4 actes les 4 dernières soirées que j’ai passées dans cette bonne ville de Cadix. Demain, c’est la rentrée, je vais préparer ma trousse et mes cahiers comme un bon petit élève. Je vous raconterai tout ça prochainement.